«Self-control»: Qui achèterait une bière à 10 000$ ?

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«Self-control»: Qui achèterait une bière à 10 000$ ?

« Si j’avais su que ma dernière bière me coûterait 10 000 $, je ne l’aurais jamais bu. »

Je rencontre de plus en plus de clients qui ont perdu leur permis de conduire parce qu’ils ont dépassé le taux d’alcool toléré. Quand la conséquence d’une bière en trop est aussi grande, pourquoi la boire ?

« Si j’avais su que ma dernière bière me coûterait 10 000 $, je ne l’aurais jamais bu. »

La racine du problème, c’est la même pour mes clients et pour plusieurs problèmes : l’incapacité à s’autoréguler. L’autorégulation, ou le self-control, c’est l’aptitude à tolérer nos frustrations, à gérer nos pulsions et à retarder le plaisir afin d’obtenir ce qu’on désire à moyen et à long terme.

Certains clients me diront : « C’est quoi le problème ? Perdre son permis, ce n’est pas si pire que ça, ça arrive à plusieurs. » Ce n’est pas parce qu’un malheur arrive aussi à d’autres que c’est moins pire quand il vous arrive. D’abord viendront les ennuis financiers. En effet, en 2014, selon CAA-Québec, la facture (coûts directs et indirects) d’une condamnation pour conduite avec facultés affaiblies avoisinait les 7000$ pour la première année seulement. Ajoutez à cela l’inflation et deux trois autres imprévus… Mes clients estimaient le coût de leur dérapage d’un soir à 10 000 $. Ça fait cher, même pour les plus fortunés. Bien sûr, les sanctions augmentent drastiquement à la deuxième infraction et à la troisième.

S’ajoutera à cela le dossier criminel. Pas très pratique quand tu veux aller te faire dorer la « couenne » à Old Orchard. Ensuite, imaginez les inconvénients de perdre son permis pour un agriculteur en campagne! On s’en sort bien sans voiture à Montréal, mais les métros et les autobus sont plus rares dans le fond de Saint-Herménégilde ou sur un petit rang à Drummondville. Ça devient gênant de toujours devoir demander un lift à ses enfants, ses frères ou son voisin pour aller faire deux ou trois commissions en ville. Encore pire lorsqu’il faut demander à sa conjointe. En effet, madame se fera probablement un plaisir de dire : « Attends mon homme, tu y repenseras deux fois avant de boire. ».

Bien entendu, les conséquences les plus graves sont celles impliquant des vies humaines : des blessés ou pire des décès. Ces conséquences inestimables pour des dizaines de personnes, et la prison pour la personne fautive, viendront faire de la mauvaise expérience un cauchemar à vie.

 

Comment se préparer afin d’éviter le verre de trop?

 

Décidez à l’avance vos règles de conduite. Dites-vous par exemple :

 

  • Je prendrai trois consommations dans ma soirée après ce sera de la bière sans alcool.

 

  • Si je choisis de faire le party, j’aurai mon conducteur désigné ou je prendrai un taxi.

 

  • Je donnerai mes clés à une personne de confiance en entrant au party.

 

Comment fait-on pour se mettre des règles? Le mieux, c’est de les établir à tête reposée en se rappelant nos valeurs et nos motivations. C’est « plate » me direz-vous d’être obligé de s’autoréguler? Les conséquences de ne pas s’autoréguler sont encore « plus plate. »

Lorsque Tommy 30 ans m’a dit qu’il trouvait ça difficile de boire avec modération, je lui ai demandé d’imaginer son enfant de deux ans, qui devrait venir le visiter en prison. « Je ne veux pas penser à cela, c’est trop négatif. » Je lui ai répondu : « Si tu y réfléchis avant, ça pourra t’empêcher d’avoir à le vivre après ».

Quand on imagine le pire, ça donne la motivation pour trouver les moyens de l’éviter. Et surtout, rappelez-vous : La modération a bien meilleur goût.

Par Pierrette Desrosiers, M.Ps.
Psychologue du travail, conférencière, coach d’affaires, formatrice et auteure.

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