Quand être «workaholic» devient une maladie

Accueil/Stress, anxiété, burnout et détresse psychologique/Quand être «workaholic» devient une maladie
  • workaholic-workholisme_travail-dur travail

Quand être «workaholic» devient une maladie

On peut être un grand travailleur, mais on peut aussi souffrir de workaholisme, c’est-à-dire de dépendance au travail et être donc un workaholic.

Carole reproche à Martin de ne penser qu’à travailler. « Il est en train de passer à côté des plus belles années avec les enfants. Il n’est jamais là. Même quand il est dans la maison, il ne pense et ne parle que de l’entreprise. On dirait qu’il ne vit que pour cela. »

« Quand on est un entrepreneur, c’est normal de faire beaucoup d’heures et de ne penser qu’à ça, n’est-ce pas ? Je suis un gros travaillant. », répond Martin avec un brin de fierté. Martin est-il un gros travailleur ou souffre-t-il de workaholisme?

Qu’est ce que la dépendance au travail ou le workaholisme?

On décrit le workaholisme comme une relation pathologique d’une personne à son travail. Cette relation se caractérise par une compulsion à consacrer de plus en plus de temps et d’énergie à son métier, au détriment des autres aspects de sa vie. Elle persiste même si les conséquences sur la santé, la vie familiale et les relations sociales sont négatives. Cette dépendance, qui paraît bien et qui suscite souvent l’admiration, peut avoir des conséquences très graves. C’est la seule dépendance valorisée.

 

Articles suggérés: Quand trop de motivation nuit à l’équilibre: le cas de Marc

Apprendre à gérer son stress: le « kit de survie »

La motivation de l’entrepreneur: une enfance marquée au fer rouge par des expériences de honte, de rejet et d’humiliation

Comment reconnait-on le workaholic?

Trois traits distincts de différentes intensités caractérisent le workaholic : le grand besoin de contrôle, le perfectionnisme et le narcissisme.

Les experts s’entendent pour dire qu’il y a une différence entre le gros travailleur et le workaholic. Le gros travailleur prend tous les moyens nécessaires pour accomplir son travail. Il peut être à l’œuvre de longues heures pendant une période intensive et ponctuelle, par exemple durant les semis ou les récoltes, mais les buts et les délais sont clairement définis. Lorsque le travail est accompli, il décroche facilement et il se garde du temps pour sa famille et ses amis.

À l’opposé, le workaholic ne vit que pour le travail. Il y sacrifie son sommeil, son alimentation, l’exercice, sa famille, ses amis et ses loisirs, bref, sa vie. Son obsession est telle que toute sa vie est en déséquilibre. Le workaholic se donne de hauts standards de performance et n’accepte pas facilement ses faiblesses, les critiques ni les échecs.

Contrairement au gros travailleur, s’il n’a pas de travail ou de buts très élevés, il se sent déprimé, anxieux, sans valeur. En vacances ou en période de repos, comme Martin le dit :

« Je me sens comme un loup en cage, je ne peux pas rester à rien faire, je n’aime pas perdre mon temps. Je pense toujours au prochain projet, à la prochaine tâche, aux prochains gros travaux ».

La dépendance au travail peut avoir de lourdes conséquences.

Les effets du workaholisme sur la santé 
Le workaholic vit un état de stress chronique qui peut mener à des problèmes sérieux de santé physique et mentale. Il peut souffrir de maux de tête et de migraines, de tension artérielle élevée (risque accru de maladies cardiovasculaires), de douleurs musculaires, d’indigestions, d’ulcères, de fatigue chronique et d’insomnie. De plus, le stress affecte le système immunitaire, ce qui rend le workaholic plus susceptible de contracter d’autres maladies.

Il peut aussi subir ou souffrir d’irritabilité, d’impulsivité, de détresse psychologique, de tristesse, de colère, d’hypersensibilité, d’apathie, de désespoir, d’insécurité et d’anxiété. Enfin, le workaholic est un excellent candidat au burnout. Pour pallier tous ces maux, le « workaholic » adoptera souvent des comportements pour réduire la souffrance : prise de médicaments, consommation abusive d’alcool, de drogues, etc.

Les tensions causées à la famille à cause du workaholisme :
Tous les membres de la famille souffrent de cette maladie. Ils se sentent ignorés, lorsqu’ils ne sentent pas utilisés. Les conjoints seront habituellement très insatisfaits de leur vie de couple, d’où un nombre de divorces plus élevés que dans la population générale. Chez les enfants, on observe le développement de comportements perfectionnistes et obsessifs, et une grande probabilité de développer eux-mêmes cette dépendance plus tard.

Les impacts négatifs de trop travailler sur l’entreprise :
On pourrait penser qu’une entreprise ayant comme patron un workaholic sera des plus florissantes. Il n’en est rien. Comme l’exprime si bien Carole, personne ne veut ou ne peut travailler avec son conjoint. « Il n’y a jamais un employé ou un actionnaire à la hauteur », dit-elle. Les workaholics font habituellement des patrons très durs, agressifs, peu collaboratifs, qui ne font pas ou peu confiance, ont peu l’esprit d’équipe et épuisent leurs employés.

Ils ont tendance à se donner tout le crédit, ont beaucoup de difficultés à remercier et ont la critique très facile. Finalement, comme ils travaillent sans relâche, l’épuisement les rejoint et ils commettent de graves erreurs de jugement.

Bref, cette maladie affecte l’ensemble de la vie de la personne qui en souffre. Plus elle est manifeste, plus la personne aura besoin d’aide pour s’en sortir.

Quelques conseils aux workaholics :

• Respectez vos heures de sommeil; le manque de sommeil ne se rattrape pas et ne fait qu’augmenter les symptômes.
• Réservez une journée par semaine pour la famille et les amis seulement, à moins d’une véritable urgence (il va pleuvoir sur le foin, les animaux sont malades; et non, les labours ne constituent pas une urgence).
• Mangez de façon équilibrée. Les workaholics sont réputés pour sauter des repas ou manger du fast food. Un corps mal entretenu n’oublie jamais un passé négligé et, un jour, il le fait payer. Si vous ne prenez pas le temps d’être en santé, il faudra prendre celui d’être malade.
• Séparez le travail de la vie de famille le plus possible. Résistez à la tentation de parler régulièrement de votre entreprise. Intéressez-vous à d’autres choses et à ce que font les autres autour de vous.
• Faites bouger vos muscles. Si vous travaillez sans arrêt, votre corps ne peut répondre aux efforts que vous lui demandez. Accordez-vous 30 à 45 minutes par jour pour faire de l’exercice. Marchez, courez, nagez, peu importe : bougez.
• Planifiez votre journée pour qu’elle ait un début et une fin. Plutôt que d’essayer de tout faire en même temps, établissez une liste des priorités et concentrez-vous sur une tâche à la fois jusqu’à ce qu’elle soit terminée. Cette habitude vous permettra de mieux gérer votre temps. Mieux vous serez organisé, plus vous serez efficace.
• Consultez un psychologue ou un autre spécialiste si vous dépendance est trop forte. Cette dépendance peut être aussi dommageable que la dépendance à la drogue, à l’alcool ou au jeu. Avant qu’il ne soit trop tard, allez chercher de l’aide professionnelle.
• Enfin, prenez votre courage à deux mains et demandez à vos employés, à vos amis et aux membres de votre famille s’ils sont heureux en votre compagnie. Faites-leur lire ce texte et… attendez leurs commentaires.

Vous avez des commentaires ou des suggestions ? N’hésitez pas à communiquer avec nous: pierrette@pierrettedesrosiers.com

Pierrette Desrosiers, M.Ps. Psychologue du travail, conférencière, formatrice, coach d’affaires et auteure (spécialiste des entreprises familiales et agricoles)

Pour des outils de développement des compétences émotionnelles, cliquez ici pour visiter ma boutique en ligne.

Pour vous abonner à mon infolettre, entrez vos informations:

Ecrire un commentaire