Souffrez-vous de procrastination?

Souffrez-vous de procrastination?

Il nous arrive tous de remettre à plus tard certaines tâches. « Il faudrait bien que je règle ceci, que je répare cela, que je fasse le ménage dans ce hangar… » Toutefois, ce qui s’avère être un petit défaut sans trop d’impact pour plusieurs constitue pour d’autres un réel problème.

Vous arrive-t-il fréquemment de :
• Repoussez une tâche importante lorsque celle-ci s’avère difficile ou ne vous intéresse pas?
• De retarder des décisions jusqu’à ce qu’il soit trop tard?
• D’avoir de la difficulté à entreprendre une tâche, de persévérer ou encore de la compléter?
• De vous trouver des raisons de faire autre chose pour éviter une tâche en particulier?
• D’arriver en retard à vos rendez-vous?
• De promettre aux autres beaucoup plus que vous ne pouvez livrer?
• D’avoir des conflits avec votre entourage concernant vos échéanciers, votre gestion du temps et vos priorités?
• D’avoir l’impression que votre vie est remplie « d’imprévus » ?
• De payer des intérêts parce que vous avez trop reporté le paiement de vos comptes?

Si vous avez répondu oui à la plupart de ces affirmations, vous souffrez sans doute de procrastination.

La procrastination désigne la tendance pathologique à remettre systématiquement certaines actions (celles qui ne procurent pas de gratification immédiate) au lendemain… ou à plus tard. Selon les études, environ 20% de la population souffriraient de procrastination chronique. Donc, en moyenne 1 personne sur 5 vit et fait vivre à son entourage des conséquences négatives pouvant affecter toutes les sphères de la vie. En effet, les conséquences peuvent s’avérer parfois dramatiques. On note que les principales dimensions de la vie généralement affectées sont;

Les 5 conséquences:

1) Économique : Par exemple, on paie nos comptes trop tard : ça nous entraîne des paiements d’intérêts. On sème deux semaines après les autres : on fait face à des pertes de rendement. On retarde à appeler le vétérinaire : on perd notre vache.
2)Relationnelle : On arrive en retard à nos rendez-vous : ça nous occasionne des conflits.
3) Psychologique : On est anxieux quant aux tâches qui s’accumulent : on vit de la culpabilité et de la honte face à tous ces retards.
4) Santé : On remet à plus tard l’exercice, la visite chez le médecin ou le changement d’habitude alimentaire. On souffre du syndrome de « Je vais y voir la semaine prochaine, je n’ai pas le temps en ce moment » : on y subit les conséquences.
5) Productivité : on se met au lit à 23 :00 heures lorsque nous avons besoin d’y aller à 22 :00 heures : on manque de sommeil ce qui affecte directement notre capacité à se concentrer, notre productivité et notre capacité à résoudre des problèmes. Notre environnement a souvent l’air d’un chantier en construction.

«Plus on procrastine, plus on risque d’être anxieux quant aux tâches qui s’accumulent et plus notre estime de soi en souffre.

Les 7 causes principales :

1) Le manque de planification et de vision : Les procrastinateurs ont tendance à voir la fin sans les moyens. Ils pensent seulement au but à atteindre et non aux différentes étapes qui jalonnent le parcours. Le but semble impossible à atteindre et ils repoussent l’action.
2) Le perfectionnisme : Ils veulent que chaque partie du travail soit parfaitement accomplie. « Tant qu’à ne pas pouvoir le faire parfaitement tout de suite, je le ferai plus tard. Je n’ai pas encore toute l’information ou le matériel nécessaire ». La peur de l’échec est très présente. La crainte de se voir jugé, évalué négativement ou de se tromper paralyse l’action.
3) L’esprit de rébellion : « Vous ne me ferez pas faire ce que vous voulez, je vais faire ça à ma façon et si cela me tente. » C’est l’enfant rebelle en soi qui s’entête.
4) La recherche d’adrénaline : ils disent fonctionner et performer mieux sous pression, cela apporte un peu de « piquant » dans leur vie. Toutefois, la recherche démontre que le coût de cette adrénaline se traduit en de moins bons résultats.
5) La recherche du plaisir immédiat : Ils procrastinent tout simplement parce qu’ils n’aiment pas faire cette tâche. C’est le côté « enfant gâté » qui prime.
6) Le multitâche et la technologie: Faire la comptabilité en étant sur Facebook ou en recevant 20 textos est contreproductif. L’accès aux technologies en continu est néfaste pour votre cerveau. Trop d’information, trop de choix ou trop de stimulus nuisent à la productivité, augmentent le stress et alimentent la procrastination.
7) Des problèmes de santé mentale : Le TDHA ou TDA (Trouble de déficit d’attention avec Hyperactivité, ou sans hyperactivité), l’anxiété chronique, la dépression ou les dépendances (drogues, alcool, technologie, jeux) font souvent partie du tableau.

Que faire ?

Analysez les coûts / bénéfices : Pensez à tous les côtés positifs apportés par l’accomplissement de la tâche et à ce qu’il vous en coûte de remettre le travail à plus tard.

Faites un plan : Définissez quels sont les buts que vous voulez atteindre. De façon concrète, séparez-les en petites étapes réalisables. Calculez le temps qui sera nécessaire pour parvenir à l’objectif fixé. Fixez-vous des échéanciers de début et de fin d’accomplissement de chaque étape.
Prévoyez les obstacles : Faites la liste des difficultés que vous risquez de rencontrer lors de la réalisation de ces tâches et élaborez les stratégies que vous utiliserez pour les contrer.
N’attendez pas que cela vous tente : Il est rare que l’on soit excité à faire quelque chose qui nous ennuie. Engagez-vous à le faire. Ne laissez pas gagner votre côté enfant. La motivation vient avec l’action et non l’inverse.
Reconnaissez vos excuses; « Ca va me tentez plus demain, ce sera plus facile la semaine prochaine, je le ferai quand j’aurai plus de temps », sont les principales excuses.

Récompensez-vous : Planifiez une petite récompense lorsque vous aurez accompli la tâche. Ne remettez pas cette récompense à plus tard.
Rappelez-vous vos buts et votre mission : Il faut aller au-delà du moment présent « Je n’ai pas le goût de le faire » et se rappeler nos buts à long terme, notre vision et notre mission.
Demandez de l’aide : Pour certaines personnes, un membre de l’entourage peut être un bon motivateur ou soutien pour « le ménage du hangar » ou faire la comptabilité. Or, pour les cas les plus chroniques, souvent relié à la présence d’un problème de santé mentale, il est souvent nécessaire de demander l’aide d’un professionnel.
Plus la procrastination est sévère et chronique, plus les conséquences sont importantes. Il existe un ensemble de stratégies en coaching organisationnel qui permettent de faire face à cette situation. Ainsi, vous y verrez plus clair et adopterez des outils pour optimiser bienêtre et productivité.

À propos de l’auteure

Pierrette Desrosiers est psychologue du travail, conférencièreformatrice et coach d’affaires depuis plus de 20 ans. Elle est spécialiste des entreprises familiales et accompagne plusieurs entreprises dans le transfert d’entreprise agricole.

Dans sa boutique, elle offre des outils sur pour le développement de l’intelligence émotionnelle pour les individus ou les entreprises.

Ecrire un commentaire