Souffrez-vous du syndrome « tant qu’à »?

Souffrez-vous du syndrome « tant qu’à »?

Les « tant qu’à » peuvent notamment conduire au surendettement, à un très grand stress et parfois même au burnout.

« Comment peut-on en arriver là? » se questionne Julie. Épuisement, dépassement des coûts de 25 % et important retard dans la construction de l’étable. Est-il possible qu’en bout de piste, on soit tout simplement de mauvais gestionnaires?

Qui ne s’est pas déjà lancé dans un projet (personnel ou professionnel), pour ensuite se rendre compte que tout ne se passait pas tout à fait comme prévu?

Face à la plupart de nos projets, nous sommes parfois trop optimistes. Nous nous emballons. D’une part, nous sous-estimons le temps, les embûches et l’énergie à déployer et, d’autre part, surestimons nos capacités. Et comme si ce n’était pas assez, nous en rajoutons avec les « tant qu’à ». « Tant qu’à y être chérie, on est aussi bien de mettre ce qu’il y a de mieux comme matériel, de construire plus grand ou de solidifier davantage. » Ou encore : « Tant qu’à y être, on va le faire nous-mêmes, d’autant plus que ça pas l’air trop difficile, puis on va sauver beaucoup ».

Notre cerveau s’affole, nous joue des tours, bref, nous fait son cinéma. Il semble que sans ces petites histoires, peu de gens choisiraient de s’investir dans certains projets, comme celui du mariage ou d’avoir des enfants, par exemple. Toutefois, il y a une limite à vouloir dépasser les limites! En effet, les « tant qu’à » peuvent notamment conduire au surendettement, à un très grand stress et parfois même au burnout.

Et comme si ces petites voix dans notre tête qui nous répètent sans cesse « tant qu’à » n’étaient pas suffisantes, il y aura toujours des amis ou des membres de la famille pour dire : « Voyons, tu es capable de faire ça toi-même ». Ou encore de charmants représentants pour déclarer : « Vous méritez bien ce qu’il y a de mieux, n’est-ce pas? ».

Wow! Il n’en faut pas plus pour que notre égo soit gonflé à bloc et donne ainsi congé à notre cerveau rationnel. Puis, ainsi nous conduire à prendre de petites ou de grandes décisions que nous pourrions amèrement regretter plus tard.

Toutefois, un seul « tant qu’à » n’a pas réellement le pouvoir de faire à lui seul toute la différence. En fait, c’est plutôt l’accumulation de ceux-ci. Par exemple : un montant de 650 $ au lieu de 475 $ n’est pas si dramatique que ça. C’est néanmoins l’augmentation de 20 % à 25 % sur plusieurs décisions qui, en fin de compte, vous occasionnera de sérieux maux de tête. La construction prévue à 475 000 $ pourrait en coûter 650 000 $.

Que peut-on faire pour parvenir à diminuer le syndrome des « tant qu’à »?

  • Établissez le budget de façon réaliste et ajoutez 20 %. Êtes-vous capable de l’assumer?
  • Prévoyez davantage de temps que celui initialement prévu. Sachez qu’il y aura toujours des délais, des imprévus en cours de route pour expliquer tel ou tel retard.
  • Les choses sont souvent plus compliquées qu’il n’y paraît.
  • Réagissez promptement, dès que vous entendez « tant qu’à » demandez-vous calmement s’il vous est possible de vivre sans ce celui-ci. Pour vous en convaincre, multipliez le coût de ce petit extra en pourcentage sur l’ensemble de votre projet.
  • Tout changement est stressant et finit par nous gruger beaucoup d’énergie. Déjà surchargé avant le début du projet? Pensez à déléguer ou à faire différemment en vue de prévenir les débordements.

En résumé, prévoyez toujours une marge de manœuvre pour ce qui est du temps, de l’énergie et de l’argent. Au mieux, changez-les « tant qu’à » pour des « au cas où ». Et si votre marge de manœuvre n’a pas été utilisée, vous pourrez toujours la remettre dans votre compte pour un autre projet.

 

Par Pierrette Desrosiers, M.Ps.
Psychologue du travail, conférencière, coach d’affaires, formatrice et auteure.

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