Les émotions sont contagieuses, attention aux virus!

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Les émotions sont contagieuses, attention aux virus!

Côtoyer constamment des personnes défaitistes ou négatives finit par nous affecter, parfois même nous amener à partager leur vision et leurs émotions.

« Je croyais que tout allait bien chez nous, je m’estimais heureux! Après avoir assisté à la réunion de producteurs la semaine dernière, je me suis dit que je devais vivre sur une autre planète. Depuis, je me questionne à savoir si c’est normal d’être heureux. Autour de moi, tout le monde dit que ça va mal. »

C’est avec ces mots que Sylvain, un producteur de nature très optimiste, s’est exprimé lorsqu’il m’a téléphoné il y a moins d’un an.
Nous savons tous que le rire est contagieux, mais qu’en est-il des émotions? En 1990, Rizzolatti, un professeur italien de physiologie, a découvert les neurones miroirs. Ceux-ci s’activent lorsque nous voyons quelqu’un faire une action. En fait, les neurones miroirs reproduisent les mêmes zones que lorsque nous faisons cette action. Les neurones miroirs sont aussi actifs pour les émotions, permettant l’empathie et participant à la « contagion émotionnelle ». En présence d’une personne ou d’un groupe vivant de la colère, de la détresse ou du désespoir, le virus de la contagion peut également être très virulent.
Les êtres humains sont très influençables. Le milieu publicitaire le sait, les vendeurs aussi. Nous nous fions souvent au jugement des autres pour forger « notre propre opinion ». En somme, côtoyer constamment les mêmes personnes défaitistes, négatives ou victimes, finira sans doute par nous affecter, voire nous amener à partager leur vision et leurs émotions. Le phénomène de la contagion émotionnelle, que ce soit en groupe ou lors d’expositions à des stimuli quotidiens, a été démontré à maintes reprises au cours d’expériences en psychologie sociale.
Depuis les dernières années, nous retrouvons dans l’actualité médiatique agricole des discours très négatifs, sombres, même déprimants. Et comment cela nous affecte-t-il? Comme Sylvain, à force d’en parler, on finit par y croire. Loin de moi, l’idée de tout voir en rose et de penser qu’il n’existe pas de producteurs ou de secteurs de production éprouvant de grandes difficultés. Comme psychologue, je suis bien positionnée pour comprendre et reconnaître la souffrance humaine. Toutefois, je sais aussi que certaines stratégies d’interventions sont inutiles, voire nuisibles dans l’amélioration des conditions humaines. La victimisation, le défaitisme, la non-responsabilisation sont autant de stratégies qui ne font qu’aggraver la situation. Dans tous les domaines, secteurs d’activités ou contextes de conditions externes similaires, il y aura toujours des gens qui s’en sortiront mieux que d’autres. Pourquoi? Parce qu’ils pensent, agissent et réagissent différemment. Comme psychologue, notre rôle est de regarder avec l’individu les différentes zones d’influence, soit celles où il a du pouvoir, celles qu’il peut influencer et celles sur lesquelles il n’en a aucun.
En tant qu’individus, nous devons comprendre que nos choix de lecture, d’activités et de discussions (bref ce sur quoi nous décidons de mettre l’accent) influencent grandement nos émotions, nos actions et finalement nos résultats de vie.
Mais qu’en est-il du discours de certains leaders, lesquels sont en effet les premiers à crier haut et fort que « l’agriculture va mal »? Le fatalisme de ces discours sans nuance et sans espoir est loin d’être banal. Plusieurs se diront : « Si lui est découragé et qu’il ne s’en sort pas, alors pour moi, c’est impossible ». Ce n’est certainement pas comme cela que nous aidons les producteurs, que nous attirons la relève ou de futurs employés. Ce type de comportements négatifs chez nos leaders ou intervenants n’est pas utile ni nécessaire. Plusieurs agriculteurs et intervenants en ont assez de ce genre de discours. Nos leaders doivent saisir la véritable signification du rôle de leader, soit de mobiliser les troupes, de rechercher des solutions aux problématiques, de créer de l’espoir ainsi que de mettre l’accent sur ce qui va bien.
Je vous invite donc pour la prochaine année à faire des choix. Celui du contenu de vos discussions, de vos lectures et de ce que vous entretenez comme pensées. Car à force de chercher tout ce qu’il y a de négatif dans votre vie, vous finirez par le trouver. Et si au contraire vous décidiez de regarder tout ce que la vie vous a offert, vous offre et peut encore vous offrir? Et pour nos leaders, tant qu’à être un virus, pourquoi ne pas nous contaminer avec optimisme et espoir?

Bonne réflexion !

Par Pierrette Desrosiers, M.Ps.
Psychologue du travail, conférencière, coach d’affaires, formatrice et auteure.

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2018-07-05T15:00:11+00:00 4 octobre 2018|Bonheur, bien-être au travail|0 Commentaire

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