l’autorégulation : le meilleur gage du succès d’un enfant

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l’autorégulation : le meilleur gage du succès d’un enfant

Voici comment miser sur l’autorégulation et non sur l’estime de soi peut favoriser le succès de votre enfant .

Depuis des décennies, on entend parler de l’importance de développer l’estime de soi chez nos enfants. Malgré une augmentation de l’estime de soi, plusieurs études démontrent qu’il y a une forte augmentation de divorce, d’endettement, de dépression, de narcissisme, de burnout, de dépendances multiples et même d’impuissance érectile chez les jeunes adultes.

Qu’ont en commun tous ces problèmes?

Selon les experts, ces enjeux seraient dus principalement à un manque d’autorégulation et non d’estime de soi. Il faut donc changer notre façon d’éduquer nos enfants. Nous aurons plus d’entreprises prospères, mais aussi des familles et des entrepreneurs heureux.

 

Qu’est-ce que l’autorégulation?

L’autorégulation ou le « self-control » est la capacité à tolérer les frustrations, à retarder le plaisir et à gérer nos pulsions. Cela, en vue d’obtenir ce que nous désirons à moyen et long terme.

Selon le Dr Stuart Shanker, l’autorégulation est la fondation sur laquelle repose le bien-être physique, psychologique, comportemental et scolaire de l’enfant à long terme.

S’autoréguler signifie d’accepter d’exécuter des tâches déplaisantes à court terme afin d’atteindre un objectif à long terme.

Par exemple, choisir de faire ses travaux scolaires plutôt que d’aller au party. C’est aussi la discipline de résister aux plaisirs immédiats. Comme celui de résister au verre de trop au party…

 

A-t-on trop misé sur l’estime de soi au prix de l’autorégulation, de la discipline et du self-control?

Depuis les années 1970, on nous a martelé qu’il fallait miser sur l’estime personnelle de nos enfants. Les psychologues ont émis l’hypothèse que si l’on augmentait leur estime, on diminuerait le harcèlement, le taxage, le décrochage et les dépendances.

Nous devions répéter sans cesse à nos enfants combien ils étaient beaux, fins, parfaits et uniques. Nous leur avons dit qu’ils pouvaient tout avoir dans la vie. Enfin, nous avons tenté de répondre à leurs désirs afin de leur épargner un maximum de déceptions et de frustrations.

 

Quelles sont les conséquences d’avoir trop misé sur une forte estime de soi chez nos enfants?

Quarante ans plus tard, la recherche nous démontre que de miser sur l’estime de soi a eu l’effet contraire escompté. Nous avons vu une augmentation des problèmes.

L’augmentation de l’estime de soi est liée à une augmentation de l’égoïsme, du narcissisme, de l’arrogance et des préjugés. La trop haute estime empêche la personne de voir ses fautes de façon objective et de prendre la critique, ce qui rend le travail d’équipe plus ardu.

Selon Roy Baumeister, un psychologue qui a étudié pendant 40 ans l’estime de soi, le manque d’autorégulation serait la racine commune de plusieurs problèmes de la vie moderne. L’endettement, la violence conjugale, la sous-performance au travail, la procrastination, la malbouffe, les différentes dépendances (alcool, sexe, drogue, Internet) serait relié au manque d’autorégulation.

En encourageant l’estime de soi des enfants à tout prix, nous n’avons pas augmenté leurs chances de succès. Nous les avons diminuées.

Quelle est donc la solution?

Ce que nous souhaitons développer chez l’enfant, ce n’est pas une confiance en soi aveugle, mais réaliste.

Nous avons longtemps pensé que l’enfant qui a une haute estime de lui atteindra plus facilement le succès, mais c’est plutôt l’inverse. L’enfant qui développe une autodiscipline atteindra plus souvent ses buts, gagnera donc une confiance en lui solide et aussi une saine estime.

Il ne faut pas mettre la charrue devant les bœufs.

 

Un enfant-roi deviendra un enfant empereur, un employé gâté et un entrepreneur à risque

Il faut enseigner à nos enfants à s’autoréguler pour qu’ils réussissent dans la vie. Mon enfant a beau avoir une bonne estime de lui-même et s’aimer beaucoup, mais s’il:

  • Procrastine à payer ses comptes, il paiera des intérêts et finira par crouler sous les dettes;
  • Texte au volant, il met sa vie en danger ainsi que celle des autres;
  • Navigue sur Facebook jusqu’à 2 h du matin, il ne sera pas capable d’arriver à l’étable en forme à 5 h 30 et ses associés vont tempêter;
  • Prend un coup la veille d’une grosse rentrée de foin, il ne sera pas en forme et il sera plus à risque d’un accident grave;
  • Va à trop de fêtes et qu’il procrastine pour ses travaux scolaires, il échouera sa session;
  • Ne gère pas ses pulsions et qu’il « saute la clôture », il se peut que Madame fasse ses bagages.

 

L’estime de soi est comme de l’engrais. Un peu d’engrais aide la plante à se développer, mais à trop forte dose, la plante risque de brûler.

 

Pourquoi est-il crucial d’apprendre à s’autoréguler?

  • On ne peut pas tout avoir dans la vie.
  • La vie est souvent difficile et parsemée d’obstacles.
  • Il y aura beaucoup d’imprévus.
  • La vie ne tourne pas autour de notre nombril.
  • Le bonheur ne réside pas dans la satisfaction de tous nos désirs.
  • La réussite en affaires en dépend.
  • Une vie remplie de sens n’est pas qu’une suite d’expériences excitantes, stimulantes et plaisantes. Parfois c’est plate, ennuyeux, et même pénible.

 

Comment développer l’autorégulation?

Malheureusement, il n’existe pas de baguette magique ou de pilule pour les aider à résister à la tentation, pour les convaincre de faire les choses qu’il faut quand il le faut, pour gérer leurs pulsions et contrôler leurs envies. C’est au quotidien qu’il faut élargir son cercle de contrôle de soi.

Par contre, la bonne nouvelle c’est que l’autorégulation est comme un muscle : ça se pratique et ça s’entraîne.

À chaque fois que je résiste ou que j’accomplis des tâches qui ne me tentent pas, je renforce ce muscle.

Enfin, selon Baumeister : « L’augmentation du contrôle de soi (autorégulation) est l’une des compétences les plus importantes afin d’améliorer votre bonheur, votre santé et votre succès. »

Ça vaut la peine de le pratiquer, n’est-ce pas?

 

Par Pierrette Desrosiers, M.Ps.
Psychologue du travail, conférencière, coach d’affaires, formatrice et auteure.

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