D’abord, on ne choisit pas d’être homosexuel ou lesbienne, on naît et on l’est. Selon différentes études, 5 à 8 % des gens seraient attirés par le même sexe. Ensuite, sachons que cette homophobie (toute forme de discrimination, d’exclusion ou de violence à l’encontre d’individus homosexuels) fait du tort à l’individu qui en est victime, à la famille, mais aussi à l’entreprise en général. La relève (fille ou garçon) ou des employés potentiels y penseront à deux fois avant de se joindre à une entreprise ou à un milieu s’ils perçoivent un manque d’ouverture et de respect.

 « J’ai quitté la ferme parce que mon père n’a jamais accepté mon homosexualité. Pourtant, l’agriculture, c’était mon rêve. » 

 

« Mon père ne voulait pas “d’une tapette comme relève”, m’a confié Charles, 27 ans.« Je n’ai pas reparlé à mon père depuis cinq ans. » Le jeune homme a aussi fait deux tentatives de suicide.

 

« J’adorais travailler dans la porcherie, mais lorsque les autres employés ont appris que j’étais homosexuel, l’enfer a commencé. Ils me ridiculisaient, plaisantaient ouvertement à ce sujet. Personne ne voulait travailler seul avec moi. Le pire, c’est que même le patron a changé de comportement à mon égard. Il m’évitait et ne m’a jamais défendu. » -Rémi

Heureusement, il y en a d’autres, par exemple Pierre, associé avec ses parents. Lorsqu’il leur a appris qu’il aimait un homme, une première réaction de choc et de déni fut suivie par une phase d’acceptation. Le père de Pierre, un grand gaillard au pas et à la voix solides, m’a avoué avec beaucoup d’émotions : « J’ai trouvé cela dur les premières semaines de m’y faire, mais nous aimons notre fils plus que tout au monde. Et puis, s’il est heureux comme cela, nous l’acceptons et nous le respectons. Tant pis pour ceux qui ne comprennent pas. »

 

Savoir accepter la relève peu importe l’attirance sexuelle

Les parents de Pierre possèdent des qualités extraordinaires : l’ouverture d’esprit, l’amour inconditionnel et le respect du choix de vie de leur enfant. Trop souvent, j’entends de petites phrases cruelles sur l’homosexualité : « Il n’a qu’à changer », « C’est un pervers », ou « C’est immoral ». Celles-ci témoignent d’un manque de connaissance, de respect ou d’ouverture tout court.

Ce n’est pas seulement une relève ou un employé qui est blessé et que l’on peut précipiter vers la dépression ou pire, le suicide, par notre mépris et notre rejet. C’est d’abord un être humain.

Comme parent, il faut premièrement cesser de faire des farces sarcastiques à ce sujet. Un enfant découvrant son homosexualité pourra nier longtemps ou, à l’extrême, décider de mettre fin à ses jours, car il ne trouvera pas la force d’affronter le jugement et le rejet de ses parents. Deuxièmement, il faut mettre son ego de côté (quelle honte sur notre famille, qu’est-ce que les autres vont dire de nous… de moi).

Sachez que vous ne pouvez rien y changer. Toutefois, votre attitude fera toute la différence pour vos relations futures et influencera la capacité de votre enfant à assumer son choix.

Enfin, en tant qu’employeur, c’est votre devoir que chaque employé soit traité avec respect, indépendamment de ses choix de vie. Et vous vous devez d’intervenir si tel n’est pas le cas.

 

Mettre de côté les préjugés face à l’homosexualité

Le meilleur moyen de faire tomber des préjugés est de côtoyer des personnes pour lesquelles nous entretenons ces préjugés. Donc, au lieu de les fuir comme la peste, apprenez à mieux les connaître et les apprécier pour ce qu’ils sont : des êtres humains comme vous et moi. Et soyez sans crainte, l’homosexualité n’est pas un virus qui vous saute dessus. Ce n’est pas contagieux.

Si votre relève décide de faire autrement, vous devrez faire un deuil face celle-ci. 

par Pierrette Desrosiers, M.Ps.

Psychologue du travail – conférencière – coach d’affaires et auteure

 

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