« Le changement, c’est loin d’être reposant »

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« Le changement, c’est loin d’être reposant »

Yvon me dit qu’il a de la difficulté à accepter les nouvelles façons de travailler et les changements que veut apporter son fils Pierre-Luc  à la ferme. « Il vient de sortir de l’Institut de Technologie Agroalimentaire (ITA) et déjà qu’il a plein d’idées. Mais moi, je suis habitué à ma façon de faire.  On dirait que tout ce que j’ai fait, c’est passé date ».

Yvon est-il borné, trop rigide ou tout simplement résistant au changement?   Tout d’abord, on peut dire qu’il a une réaction normale. En fait, plusieurs raisons expliquent ce phénomène. Et si ce n’était pas de sa faute, mais plutôt celle de ses ancêtres?

En réalité, les changements sont soit  désirés ou imposés,  agréables ou désagréables, prévus ou imprévus. Toutefois,  tout changement provoque des réactions de stress auxquelles l’organisme tente de s’ajuster. Mais pourquoi tout ce stress?

Il faut savoir que résister au changement est beaucoup plus normal que le contraire. Dans les faits, le changement s’avère une source d’anxiété plus ou moins grande pour tout être humain, déclenchant la peur de l’inconnu, de l’échec, de sortir de sa zone de confort, de se tromper, etc. Alors d’où vient cette première réaction de résistance?

Il semblerait que son origine découle de nos ancêtres. Imaginez un peu ce à quoi était confronté l’Homme des cavernes. Lorsque les denrées  se faisaient rares, il devait entre autres aller chasser le mammouth pour nourrir la tribu, tout comme être aux aguets pour reconnaître les dangers. Ceux ayant eu un excès de confiance ou été trop optimistes, donc pas anxieux ont été « exterminés  » par les autres tribus, les mammouths, etc  n’ont donc pu transmettre leur gène. Ceux qui avaient par contre un bon niveau d’anxiété; pas trop élevé pour les paralyser mais suffisamment pour se prémunir du danger, ont eu la chance de se reproduire. Aujourd’hui, nous voilà toutefois pris avec cette « foutue » anxiété qui nous guette à tout moment.

De plus, chaque fois que nous nous éloignons de nos habitudes cela nous demande beaucoup d’énergie, de carburant au niveau du cerveau (glucose et oxygène). On n’a qu’à penser à la fatigue que l’on ressent après une journée de formation. Vous vous dites alors : « C’est encore plus fatigant que de travailler ». Pourquoi? Parce que vous avez dû vous concentrer toute la journée. C’est comme un véhicule qui tire une grosse charge. Conséquemment, le changement vous demandera de faire les choses autrement, de ne plus être sur le pilote automatique. Inconsciemment, nous voulons également nous protéger de cette perte d’énergie.

En d’autres termes, troquer notre caverne pour un nouveau territoire se traduit par un risque. Il n’existe aucune garantie. Vous pouvez vous tromper, le regretter, être jugé, rejeté, ridiculisé,  voire perdre votre  temps, votre énergie ou votre argent. En contrepartie, éviter de sortir de sa zone de confort peut être aussi très inconfortable et produire les mêmes résultats au bout du compte.

Aborder le changement, c’est accepter d’élargir ses horizons, d’affronter le changement malgré et avec ses peurs.  Au lieu d’attendre d’être à l’aise avec le changement avant d’agir, nous pouvons dès maintenant décider de l’apprivoiser.

Rappelez-vous que plus nous nous éloignons de notre caverne, et plus l’anxiété augmente, par contre la récompense peut aussi être intéressante. Imaginez le gros mammouth qui vous attend peut-être de l’autre côté de la colline!

 

Pierrette Desrosiers, M.Ps

Conférencière, coach d’affaires et auteure

pierrette@pierrettedesrosiers.com

www.pierrettedesrosiers.com

2017-08-24T11:48:06+00:00 16 août 2017|Non classifié(e)|0 Commentaire

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