Apprendre à s’autoréguler : élément clé de la réussite

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Apprendre à s’autoréguler : élément clé de la réussite

 

En bref : Développer l’autorégulation et  la volonté dans le but d’atteindre ses buts personnels et professionnels.

Dans l’article précédent, il était question de l’importance de miser sur l’autorégulation plutôt que sur l’estime de soi pour augmenter ses chances de réussite en affaires, en couple ou en général dans la vie. Maintenant, dans cet article, les thèmes abordés seront le développement de son autorégulation, la façon d’augmenter son « willpower » ou son « réservoir de volonté ». Finalement, une liste de stratégies sera proposée afin de mieux gérer cette ressource limitée.

 

Quelle est la taille de votre réservoir de volonté?

 On sait tous que l’on a besoin de discipline pour atteindre nos buts personnels et professionnels. La discipline se traduit par la capacité de « faire ce qu’il y a à faire, indépendamment de notre état ». La personne disciplinée se lève tôt malgré la nuit d’insomnie, elle paie ses factures à temps malgré l’ennui de la tâche; elle accomplit ce qui est important pour atteindre ses objectifs.

Pourtant, même les gens disciplinés ont du mal à le demeurer après de longues heures ou quand ils sont fatigués. Pourquoi? Parce que s’autoréguler fait appel à votre « réservoir de volonté ».

Il existe deux catégories d’activités qui sollicitent le réservoir de volonté.

  • Résister aux tentations: la tentation de surfer sur Facebook 50 fois par jour, de manger trop de malbouffe, la tentation de la drogue et de l’alcool, de l’infidélité, de trop dépenser, d’avoir des élans de colère, etc. Et chaque fois que vous résistez à une tentation, vous épuisez cette ressource importante : « votre réservoir de volonté ».
  • La prise de décisions. Toutes les décisions conscientes, simples ou complexes, puisent dans votre réservoir de volonté. Que ce soit le choix de confiture que vous mettrez sur vos rôties à la planification d’un budget, en passant par les tâches que vous allez déléguer à l’employé ou le tracteur à acheter parmi les six modèles offerts, vous épuisez votre réservoir de volonté.

 

Bien entendu, certaines décisions sont plus énergivores que d’autres. Imaginez l’extrême fatigue associée au projet de construction d’une étable, due au nombre incalculable de décisions impliquées.

 

Comme toutes les prises de décisions coûtent cher en carburant, il faut réduire ses choix et développer des automatismes pour économiser la ressource « volonté ».

 

On peut comparer son réservoir de volonté à un compte de banque. Que vous achetiez un vêtement ou de l’épicerie, vous puisez dans le même compte. Une fois tous vos dollars dépensés, vous devez attendre la prochaine paye.

 

Si on veut faire une grosse dépense, on doit économiser sur les autres petites dépenses. Parallèlement, si vous avez une tâche importante à accomplir, il faut économiser vos « dollars de volonté » en diminuant les distractions, les tentations et les décisions qui vous les sapent. Bien que l’on ne puisse pas accorder un prix exact à chaque distraction ou tâche à accomplir, il peut être utile de le voir ainsi.

Le cumulatif des distractions et des décisions (les retraits) versus la gestion de son énergie (les dépôts) donnera un bilan soit positif ou négatif. Comme à la banque, s’il y a plus de retraits que de dépôts, l’individu termine sur la marge de crédit.

Qu’arrive-t-il lorsque le compte est sur la marge de crédit?

 

Lorsque le réservoir de « volonté » est à sec, habituellement à la fin de la journée, deux conséquences sont à prévoir :

  • L’incapacité à résister aux tentations : Le sac de chips, la crise de nerfs ou, pour certains, l’infidélité deviennent plus probables. Effectivement, il y plus d’infidélité le soir que le matin, car il ne reste plus assez de glucose au cerveau pour résister.

 

  • La paralysie : L’individu n’arrive plus à prendre des décisions, il tergiverse, il procrastine, c’est le statu quo.

 

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Quelques faits sur la volonté

Le réservoir de volonté est limité.

  • Il varie d’un individu à l’autre
  • Il varie à travers le temps chez un même individu.
  • Il diminue à chaque fois qu’il est sollicité et ce, peu importe le type de tentation ou de décision.
  • Lorsqu’il est épuisé, il faut un certain temps et de bonnes stratégies pour retrouver son niveau optimal.
  • Avec de la pratique, la volonté peut se développer.

 

Comment augmenter son réservoir de volonté? Tout comme pour augmenter son compte de banque, il faut déposer davantage et dépenser moins.

 

Voici donc quelques stratégies afin de refaire le plein de son réservoir de volonté ou encore pour économiser cette ressource précieuse.

 

  • Une bonne nuit de sommeil, soit sept à huit heures

 

  • Une collation santé (ex : fruits, noix, fromage, etc.). Le cerveau utilise beaucoup d’énergie pour l’autorégulation. Si votre taux de glucose sanguin diminue, votre cerveau est moins apte à se concentrer et à contrôler vos pulsions.

 

  • Faites une sieste. Une sieste d’environ 20 minutes est suffisante pour diminuer les risques d’accident et rétablir le niveau d’attention.

 

  • Bougez votre corps. Si vous travaillez dans un bureau ou si vous devez rester assis dans un tracteur pendant de longues heures, il suffit de prendre de courtes pauses afin d’augmenter l’apport de sang et donc de glucose au cerveau.

 

  • Organisez votre journée selon votre niveau d’énergie. Faites les tâches demandant le plus de concentration en début de journée afin d’éviter de faire des erreurs dues à la fatigue.
  • Limitez vos tentations. Utilisez vos « volonté-dollars » pour organiser votre environnement dans le but d’éliminer les tentations définitivement plutôt que d’essayer d’y résister chaque fois. Retirez toutes les alarmes non essentielles sur votre cellulaire.

 

  • Respirez lentement. En respirant calmement, vous vous relaxez. Visez un rythme de quatre à six respirations par minute. Rappelez-vous : le stress est l’ennemi de l’autorégulation.

 

  • Augmentez votre conscience. Prenez le temps trois fois par jour pour vous arrêter et observer ce que vous êtes en train de faire. Demandez-vous : est-ce que ça m’aide à accomplir mes buts? Si oui, continuez, si non, réajustez le tir.

 

  • Soyez conscient de vos dépenses. Limitez volontairement votre étendue de choix pour simplifier vos décisions. Nous vivons dans un monde de possibilités infinies. Devant trop de choix, l’humain paralyse. Imposez-vous des contraintes de temps, de lieu ou d’argent pour limiter le nombre de choix qui s’offrent à vous.

 

  • Décidez à l’avance ou créez des automatismes : « Quand je vais au restaurant, je choisis du poulet avec de la salade. » Lors d’un encan, « si le tracteur se vend plus de 50 000 $, je cesse les enchères (ou je ne mise plus) » ou « Après la troisième bière, je commande de l’eau Perrier ». La décision étant déjà prise, vous n’aurez pas à miser sur votre volonté pour ne pas succomber à la tentation.

 

 

Niveau de will-power (volonté) = Tentations à résister + décisions à prendre

                                                         Stratégies de récupération + motivation

Pour puiser dans vos réserves, déterminez vos motivations profondes

Bien qu’il s’agisse d’une ressource limitée, nous avons tous vécu des moments où nous pensions avoir atteint le fond du baril, mais par un quelconque miracle nous avons réussi à creuser plus loin pour trouver l’énergie nécessaire afin de surmonter une épreuve ou terminer une tâche ardue.

 

Lorsque le tableau de bord de l’auto indique que le réservoir est vide, on peut toujours parcourir quelques kilomètres de plus. Similairement, lorsqu’on croit avoir épuisé son réservoir, il y a un deuxième réservoir; la réserve. Ce deuxième réservoir, ce sont vos motivations profondes; votre « pourquoi. » Rappelez-vous pourquoi vous faites ce que vous faites. Souvenez-vous pourquoi résister à cette tentation est aligné avec vos valeurs ou comment compléter cette tâche s’inscrit dans vos objectifs. Pensez aux gens qui comptent sur votre réussite et pensez à quel point vous serez fier de vous quand vous aurez traversé cette épreuve ou gravi cette montagne.

Comme disait Nietzsche, « celui qui possède un « pourquoi » qui lui tient lieu de but peut vivre avec n’importe quel « comment » ».

 

 

Par Pierrette Desrosiers, M.Ps.
Psychologue du travail, conférencière, coach d’affaires, formatrice et auteure.

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